Guinée : la société civile exige des réformes concrètes sur les droits humains 

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À l’approche du 4ème cycle de l’Examen Périodique Universel (EPU) de la Guinée, prévu le 29 avril à Genève, les organisations de la société civile guinéenne (OSC) haussent le ton. Dans une déclaration conjointe percutante, elles dressent un bilan critique de la situation des droits humains dans le pays et proposent une série de recommandations urgentes pour sortir d’un cycle d’impunité et de répression.

Malgré quelques avancées saluées – notamment le procès historique du 28 septembre 2009 ou encore l’adoption de lois progressistes sur le contenu local et la protection des victimes – les OSC dénoncent une détérioration globale inquiétante des libertés fondamentales, des conditions carcérales, et des droits sociaux.

Des libertés fondamentales piétinées

Depuis 2021, les libertés publiques en Guinée sont gravement menacées. Les manifestations pacifiques sont systématiquement interdites, et les répressions violentes ont fait au moins 44 morts en moins de deux ans. La liberté de la presse est également attaquée, avec des fermetures de médias, des arrestations arbitraires de journalistes et plusieurs disparitions forcées sans suite judiciaire.

Les OSC recommandent.

La levée de l’interdiction générale de manifester

Des enquêtes indépendantes sur les violences policières

Le rétablissement des libertés de la presse et d’expression

Une loi pour protéger les défenseurs des droits humains

Un secteur minier opaque et destructeur

La Guinée, riche en ressources minières, continue d’exploiter ses richesses au détriment des communautés locales. Les OSC dénoncent des expropriations sans compensation juste, l’absence de consultation des populations et une dégradation environnementale alarmante.

Elles réclament.

Des consultations inclusives avant tout projet minier

Une transparence totale des contrats miniers

La mise en œuvre du référentiel sur l’indemnisation et la réinstallation des communautés

Une violence systémique contre les femmes

Plus de 80 % des femmes sont victimes de violences basées sur le genre, et seulement 1 % des cas de viols sont rapportés. Mariages précoces, MGF et impunité judiciaire rendent la situation dramatique.

Les OSC demandent.

Une loi globale contre les violences faites aux femmes

Des soins gratuits pour les survivantes

Un système judiciaire dédié au suivi des VBG

Justice, réparation et conditions carcérales déplorables

Si le procès du 28 septembre marque une avancée, les victimes attendent toujours réparation. Par ailleurs, le système pénitentiaire reste indigne : surpopulation, conditions inhumaines et soins médicaux quasi inexistants.

Recommandations.

La mise en place d’un Fonds d’indemnisation

Des réformes pour garantir un accès réel à la justice

L’application des Règles Nelson Mandela dans les prisons

Une jeunesse oubliée et des services de base défaillants

Les enfants guinéens continuent de souffrir de l’exploitation, du manque d’infrastructures scolaires, et d’un système de santé déficient, particulièrement en milieu rural.

Solutions proposées.

Scolarisation des enfants en situation d’exploitation

Construction d’écoles et recrutement d’enseignants qualifiés

Enregistrement gratuit des naissances

Une urgence environnementale et sociale ignorée

Les OSC appellent aussi à une gouvernance plus responsable des ressources naturelles, à la lutte contre la corruption, et à l’adoption de politiques agricoles et climatiques durables.

Un appel à un sursaut politique. « Nous ne voulons pas de promesses sans lendemain. Nous voulons des actions concrètes pour bâtir une Guinée plus juste, plus équitable et plus humaine pour toutes et tous », martèlent les OSC, qui interpellent la communauté internationale sur la nécessité de suivre de près l’évolution de la situation en Guinée.

Ce 4ème cycle de l’EPU doit marquer un tournant. Pour les défenseurs des droits humains, il ne peut plus être question d’un simple exercice diplomatique, mais d’un véritable levier de changement.

Neneen Bah pour lunique360.com

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