Mésaventure de Moh Sylla en Tunisie : « À la base, je rêvais d’être footballeur », confie-t-il
De retour au pays après un périple difficile à travers les pays du Maghreb, Mohamed Sylla, alias Moh, a animé une conférence de presse ce vendredi 11 avril 2025 à la Maison de la presse de la Minière. Objectif : partager son expérience douloureuse de la traversée vers l’Europe et sensibiliser la jeunesse guinéenne sur les dangers de la migration clandestine.
Originaire de Léro, dans la sous-préfecture de Siguiri, et ayant passé une partie de sa jeunesse à Kankan, Mohamed Sylla raconte une enfance paisible marquée par un rêve : devenir footballeur professionnel en Europe.
« Je suis né et j’ai grandi à Léro. J’y ai fait l’école primaire, le collège, puis le lycée avec mon meilleur ami. Mon rêve, c’était d’être footballeur, et j’avais en tête qu’un jour, tôt ou tard, je partirais en Europe. On en parlait tout le temps avec mon ami. Aujourd’hui, lui, il est en France », explique-t-il.
Ce rêve, longtemps nourri, s’est transformé en obsession après avoir vu son ami s’installer en Europe.
« Deux mois après son départ, je le vois poster sur Facebook. J’ai été surpris. Je lui ai demandé : « Tu es déjà arrivé en Europe ? » Il m’a répondu : « Oui. » Trois mois seulement après avoir quitté le pays, il avait réussi. Cela m’a poussé à tenter la même chose », confie-t-il.
Mais sur le terrain, Moh découvre une autre réalité, bien loin des illusions : l’enfer des migrants sur la route maghrébine, les violences, l’insécurité, la précarité et l’absence de droits.
« Si tu veux partir à l’aventure, ne passe surtout pas par le Maghreb clandestinement. Même ceux qui ont des papiers, en arrivant en Tunisie, la police peut les confisquer. Et là, tu te retrouves sans documents comme nous. On devient tous migrants, bloqués, sans issue », témoigne-t-il avec émotion.
Aujourd’hui, Mohamed Sylla porte la voix des migrants déçus. Il appelle la jeunesse guinéenne à la prudence et à croire en les opportunités dans leur propre pays.
« Restez ici, investissez-vous dans ce que vous aimez, formez-vous, entreprenez. Ce n’est pas en partant clandestinement que vous allez réussir. »
Doussouba Nènè Konaté pour lunique360.com