Tragédie meurtrière au stade de Nzérékoré: Avocats Sans Frontières Guinée publie un rapport

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Avocats Sans Frontières Guinée (ASF-Guinée) vient de publier un rapport, conjoint sur la tragédie survenue au stade du 3 avril de Nzérékoré à l’occasion d’une conférence de presse ce vendredi 14 février 2025 à Conakry.

Ci-dessous un extrait du rapport !

« Le présent rapport fait état d’observations, d’analyses et de recueils de témoignages auprès des victimes et parents des victimes, des supporters, personnes ressources, des conseils de quartier et de district, des racontes avec certains organisateurs du tournoi, des autorités administratives, des forces de sécurité et de défense et du procureur de la République près du tribunal de premier instant de N’zerekore.

Il s’inscrit dans la dynamique de faire savoir ce qui s’est réellement passé à la manifestation de la vérité et à la réparation des dommages causés aux victimes et parents des victimes et ne faire l’homme d’aucun doute que c’est sous l’autorité des membres du gouvernement de la transition que la finale du tournoi de football doté du trophée du président de la transition, le général Mamadi Demouia, a eu lieu le dimanche 1er décembre 2024 au stade du 3 avril à N’zerekore .

Pendant le développement de cet événement, un mouvement de foule, de gère de pierres et l’usage excessif de gaz lacrymogènes par les forces de défense et de sécurité ont conduit à une tragédie sans précédent dans la région.

L’enquête a révélé que les causes de cette tragédie sont entre autres le non-professionnalisme de la lutte du match, le gère de pierres venant de l’intérieur parce que le stade était moins sécurisé par les forces de défense et de sécurité, l’usage excessif de gaz lacrymogènes par les forces de sécurité contre les spectateurs et non les manifestants de rue, le bousculage, le piétinement, l’escalade de murs, le fait de percuter des spectateurs par des véhicules administratifs et privés, la non-assistance des personnes qui avaient besoin de secours.

Bilan des victimes de cette tragédie. Le 2 décembre 2024, le gouvernement de la République de Guinée a fait un communiqué annonçant un bilan provisoire de 56 morts et de blessés graves.

Le conseil supérieur de la loi Forestier a également fait une déclaration ce 2 décembre faisant cas d’environ 300 morts et des centaines de blessés, dont certains grièvements. Le 3 décembre 2024, le collectif des journées de défense des droits de l’homme dans la région de Jéricoé, dans une déclaration a estimé le nombre de morts à 135 personnes, environ 50 personnes disparues et de nombreuses personnes blessées. Ce bilan a été annoncé par ce collectif après avoir déployé des enquêteurs à l’hôpital régional de Jéricoé, les centres de santé.

Il a envoyé aussi sur le cercle des quartiers et des districts les leaders religieux des communautés ethniques auprès des actionnaires de la plupart des cimetières de la ville de Jéricoé et des parents des victimes le lendemain de la tragédie. Cinq jours après cette déclaration, le collectif des organisations de défense des droits de l’homme dans la région de Jéricoé a déployé des enquêteurs dans les 22 quartiers de la commune urbaine et dans certains districts autour de la commune de Nzérékoré pour avoir les listes de victimes qui ont été identifiées par le président du conseil des quartiers, des districts, les leaders communautaires et des familles de victimes. Il a été dénombré 138 victimes de la maladie, dont 184 des districts, 47 blessés et 11 personnes disparues.

À partir de cette liste, pour se rassurer de l’existence effective de ces victimes, dix enquêteurs munis de fils d’identification individuelle des victimes ont été déployés dans les 22 quartiers, 15 districts de la commune urbaine et dans certaines sous-prefectures. Les enquêteurs ont travaillé pendant sept jours et ont rencontré les victimes famille par famille. Il a été dénombré 147, 11 cas de disparus, plusieurs blessés graves et légers et des dégâts matériels importants, véhicules et motos incendiés, un poste de police saccagé et incendié.

Section des cas de blessés graves et légers. Plusieurs personnes ont été blessées au cours de cet événement. Il a été difficile pour les enquêteurs de les dénombrer.

L’année du drame et jour suivant, la plupart des blessés, notamment les moins graves, n’ont pas transité par l’hôpital régional. Ils ont préféré souffrir des soins personnels, soit dans les cliniques privées, soit avec l’aide des guérisseurs traditionnels. Par ailleurs, certains blessés graves ont été allités à l’hôpital régional et le gouvernement a annoncé leur prise en charge gratuite.

Bien que le gouvernement ait annoncé la gratuité de la prise en charge des blessés, plusieurs parents des victimes et victimes affirment n’avoir bénéficié des soins appropriés. La violation des droits de l’homme a résisté. Il est important de rappeler que les droits de l’homme sont des normes qui reconnaissent et protègent la dignité de tous les êtres humains.

Ils résistent à la façon dont nous vivons en société, les uns avec les autres, ainsi que la relation qui lie les individus au gouvernement et les obligations du gouvernement entre eux. Le droit relatif aux droits de l’homme définit ce que les gouvernements doivent faire et ne peuvent pas faire. Les individus eux aussi ont des responsabilités.

L’exercice de leurs droits ne doit pas se faire au dépens des droits détruits. C’est à la lumière de ces licences de droits que s’inscrit l’enquête sur la tragédie survenue au stade du 3 avril, le 1er décembre 2024. A cet effet, plusieurs violations des droits humains ont été identifiées.

Nous avons des pertes en vie humaine, des disparitions, des causes blessues involontaires, des détrictions et pertes de biens matériels, la faible sécurisation des spectateurs. Toutes ces violations sont prévues et punies par les dispositions du Code pénal d’Inea. Des réalités j’observais sur le terrain avec certaines familles de victimes.

Au cours de l’enquête, plusieurs constats ont été faits. Les inquéteurs ont rencontré des familles où la mère était traumatisée. C’est le cas d’une dame qui a perdu son deuxième et dernier enfant, tandis que le premier avait perdu la vie dans les eaux de la Méditerranée.

Un père de famille qui n’avait qu’un seul enfant, qui l’aidait dans tous ses travaux, l’a perdue et était fond inconsolable. Dans certaines familles, la désolation était totale, car elles n’avaient aucune nouvelle de leur. Une maman inconsolable témoigne en larmes.

« Si au moins nous avions vu son corps, on pouvait être soulagés. Et jusqu’à présent, personne ne nous dit rien, on ne voit rien. Je ne sais même pas si les autorités sont informées que certaines familles n’ont pas vu leur enfant.

Vraiment, aidez-nous, nous voulons voir notre fille. Il faut un accompagnement psychologique envers ces familles traumatisées. Les inquéteurs ont aussi constaté le refus de certaines victimes et parents des victimes de les recevoir pour se faire recenser en répondant à leurs questions.

Selon des informations concordantes, il aurait eu une sensibilisation faite par certaines autorités, morales et religieuses, ainsi qu’administratives, à l’endroit des victimes et parents des victimes, de ne pas se faire enregistrer ni communiquer sur ce qui s’est passé. Dits-ils, il faut s’en remettre à Dieu. Cette réticence a donc fait que les inquéteurs n’ont pas pu rencontrer toutes les victimes et parents des victimes.

Donc, à la suite de l’enquête, 156 familles ont été identifiées, pour 140 personnes ayant trouvé la mort au stade, 11 disparues et plusieurs blessées. Au cours de l’enquête, 98 victimes et familles des victimes réclament justice, tandis que 58 autres déclarent s’en remettre à Dieu, donc ne réclament pas la justice. Récommandations.

L’objectif de cette enquête est de faire des recommandations au gouvernement et aux institutions judiciaires de la rue de Guinée en vue de tout mettre en œuvre pour la manifestation de la vérité par l’organisation d’un procès juste et équitable et la réparation des dommages causés aux victimes de cette tragédie.

Au CNRD et au gouvernement, de mobiliser les fonds nécessaires pour apporter une assistance matérielle et financière aux victimes, en attendant la tenue, j’avais dit, d’un procès juste et équitable, de faciliter le travail des organisations humanitaires et des droits de l’homme pour des assistances humanitaires d’une part et pour la manifestation de la vérité d’autre part, de poursuivre la prise en charge sanitaire totale de tous les blessés, car certaines victimes déclarent encore ne pas avoir reçu des soins nécessaires, de mobiliser des experts pour un accompagnement psychologique de certaines victimes et parents des victimes traumatisés. De faire ouvrir une enquête judiciaire afin d’organiser un procès juste et équitable pour la manifestation de la vérité dans un bref délai.

De faire former et instruire les agents de force, de l’ordre et de sécurité pour agir avec professionnalisme dans la gestion des mouvements de foule et à l’usage des gaz lacrymogènes. Aux journalistes de défense des droits de l’homme, d’oeuvrer à la manifestation et à la dénonciation de toute violation des droits de l’homme, tant pour la manifestation de la vérité que pour la tenue d’un procès devant les objections compétentes. D’accompagner les victimes de cette tragédie afin de saisir les objections compétentes pour la manifestation de la vérité.

Aux victimes et parents des victimes, d’avoir à cœur la manifestation de la vérité à travers un procès juste et équitable, de se constituer en collectif pour défendre en commun leurs intérêts. Aux institutions nationales et internationales en charge des questions des droits de l’homme, d’interpeller les autorités de la transition obégeant leur faible pression ou œuvrer à la manifestation de la vérité par l’organisation d’un procès juste et équitable de cette tragédie. D’appuyer les jeunes de la place pour la promotion et la défense des droits de l’homme.

Je vous remercie pour votre bien-aimable attention. C’est la présentation du rapport fait par les jeunes de défense des droits de l’homme qui sont présentes par devant vous. Je vous remercie.»

Neneen Bah pour lunique360.com

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