Grand marché d’Entag : Les Femmes en première ligne pour la paix et la cohésion sociale
Au cœur du grand marché d’Entag, une mobilisation exceptionnelle des femmes vendeuses a eu lieu autour d’une lecture collective du Saint Coran. Loin d’être un simple rituel religieux, cette initiative visait à invoquer la paix et la cohésion nationale, tout en attirant l’attention des autorités sur les défis auxquels elles sont confrontées dans l’exercice de leurs activités commerciales.

Rassemblées au rond-point du marché d’Entag, ces femmes, déterminées et solidaires, ont choisi la voie de la spiritualité pour faire entendre leurs voix. La cérémonie a réuni des figures notables, dont El Hadj Dr Moundjour Chérif, président de la délégation spéciale de Tombolia, Moussa Diallo, président de la délégation spéciale de Matoto, ainsi que des leaders religieux.

Pour El Hadj Dr Moundjour Chérif, Président de la délégation spéciale de la Commune urbaine de Tombolia, cette mobilisation traduit un besoin profond de stabilité sociale et économique. « Toute lecture du Saint Coran vise des objectifs précis. Elle nous rappelle l’importance de la paix, de la cohésion nationale et du développement économique. Ces femmes sont des actrices de changement, et leur engagement est un signal fort pour nous, responsables locaux, de redoubler d’efforts en faveur du bien-être de nos populations », a-t-il souligné.

Dans un discours empreint d’émotion, Moussa Diallo a rappelé l’importance de l’unité nationale dans un pays marqué par sa diversité ethnique. « Ici, au marché d’Entag, il n’y a ni Soussous, ni Peulhs, ni Maninkas, ni Forestiers. Nous sommes tous des Guinéens. Ces prières sont un symbole fort de notre volonté commune de vivre ensemble en paix », a déclaré le président de la délégation spéciale de Matoto, avant d’appeler à des lectures régulières du Coran pour renforcer le tissu social.
Au-delà des prières, cette mobilisation a été l’occasion pour les femmes de dénoncer les conditions précaires dans lesquelles elles exercent leurs activités. Problèmes d’espace, manque d’infrastructures modernes, insécurité… Les doléances sont nombreuses.

Abdoul Karim Baldé, administrateur général du grand marché d’Entag, a porté la voix de ces commerçantes : « Cela fait plus de 30 ans que ce marché fonctionne sans aucun investissement structurel. Nos femmes souffrent, certaines n’ont même pas de place pour vendre. Les frais d’accès à des boutiques ou conteneurs sont exorbitants, rendant l’activité commerciale inaccessible pour de nombreuses femmes vulnérables. »Il a également dénoncé la mainmise de certains privés sur des espaces censés être publics : « Le marché appartient à l’État. Il est temps que des hangars modernes soient construits pour soulager nos commerçantes et structurer l’activité économique locale. »

Face à ces revendications, Keletigui Doumbouya, coordinateur national des mouvements, a assuré que des réformes sont en cours pour moderniser les marchés guinéens. « Le général Mamadi Doumbouya et le CNRD sont engagés à transformer l’environnement économique du pays. D’ici peu, des infrastructures répondant aux standards internationaux verront le jour pour soutenir nos braves femmes commerçantes », a-t-il affirmé.
La cérémonie s’est clôturée sur une note d’espoir, symbolisée par le sacrifice de trois bœufs, financés par les femmes elles-mêmes, en signe de leur foi en un avenir meilleur. Cette journée n’était pas qu’un simple acte de dévotion, mais un véritable plaidoyer pour la dignité des femmes commerçantes d’Entag et, plus largement, pour la paix et l’unité nationale en Guinée.