Procès Singleton : des avocats réagissent après le désistement de la famille de la victime
Le procès de l’artiste guinéen Mohamed Seydou Bangoura, alias Singleton, poursuivi pour homicide involontaire à la suite d’un accident de la circulation survenu à Coyah, s’est ouvert ce mercredi 3 septembre 2025 devant le tribunal correctionnel de Coyah. Malgré ses excuses publiques adressées à la famille du défunt, à la justice et au peuple de Guinée, le chanteur est retourné en prison, en attendant la suite des débats.
La famille de la victime, un homme âgé d’environ 70 ans, a officiellement fait part de son désistement dans la procédure. Toutefois, plusieurs avocats rappellent que ce retrait ne met pas fin automatiquement à l’action publique.
Pour Maître Antoine Pépé Antoine Lamah, il est important de rappeler le principe fondamental du droit. « Certes, Singleton a reconnu les faits et imploré le pardon de la partie civile et de l’opinion, mais il demeure juridiquement présumé innocent tant qu’aucune décision définitive de condamnation n’a été rendue à son encontre. C’est ce que l’on appelle le droit à la présomption d’innocence. »
De son côté, Maître Almamy Samory Touré estime que la participation de la partie civile reste déterminante. « Le pardon accordé par la victime n’exerce aucune influence sur le cours normal de la procédure. Il ne vaut pas non plus désistement de l’action en réparation du préjudice. On peut pardonner et, néanmoins, contribuer à la manifestation de la vérité. La participation de la victime à la procédure aidera le tribunal à établir la vérité des faits et à se prononcer, en conséquence, sur la culpabilité du prévenu. »
Quant à Maître David Béavogui, il insiste sur la nécessité pour l’artiste de démontrer sa défense au-delà des excuses. « Dans un procès où il est écrabouillé, écrasé par l’opinion publique, le prévenu doit aller au-delà du pardon et s’efforcer à prouver son innocence. »
L’affaire, qui suscite une forte attention de l’opinion publique en raison de la notoriété de Singleton, a été renvoyée au 9 septembre prochain pour la poursuite des débats.