Éducation : une ONG interpelle l’État sur la scolarisation des jeunes filles
À l’occasion de la Journée mondiale de l’éducation couplée à la Journée mondiale de la culture africaine et afrodescendantes, l’Organisation non gouvernementale OMÉGA, membre du Mouvement mondial des femmes et filles leaders panafricaines et caribéennes (MMFLP), a tenu une conférence de presse ce samedi 24 janvier 2025 à Conakry. Cette rencontre avec les médias était consacrée à l’état de l’éducation des jeunes filles en Guinée et aux réformes jugées nécessaires pour améliorer leur maintien à l’école.
Prenant la parole au nom de l’ONG, Marthe Dede Koivogui a appelé les autorités guinéennes à revoir en profondeur leur politique éducative, en mettant l’accent sur les questions budgétaires et sociales. Elle a notamment insisté sur la nécessité d’un soutien accru aux familles vulnérables, estimant que les difficultés économiques constituent aujourd’hui un frein à la scolarisation des enfants. « Surtout au niveau de l’allocation budgétaire dédiée à l’éducation. Nous avons évoqué la question financière : il faudrait que le gouvernement assiste les familles démunies pour qu’elles puissent envoyer leurs enfants à l’école et les y maintenir. Aujourd’hui, les familles guinéennes ordinaires peinent à se nourrir et à se loger. Aux familles : les enfants doivent être scolarisés. Il faut pousser les enfants, les encourager à aller à l’école et les y maintenir », a-t-elle déclaré.
Poursuivant son intervention, la responsable associative a également plaidé pour la création d’un cadre institutionnel spécifique dédié aux questions familiales, estimant que la précarité des ménages impacte directement la réussite scolaire des enfants, en particulier des jeunes filles. « Aux nouvelles autorités, je propose la mise en place d’un département chargé des questions familiales et des familles vulnérables : Il faut créer un ministère spécifique à la famille, car aujourd’hui, la famille guinéenne n’arrive pas à joindre les deux bouts. Je lance cet appel dans le cadre du projet Simandou, pour le bien-être des familles : allouer des financements, comme le font les autres pays, sous forme d’allocations familiales conditionnées aux ressources, afin de maintenir les enfants à l’école », a-t-elle ajouté.
De son côté, Mazoughou Goepogui, concepteur de Magoé Technologie, a mis en avant le rôle que peut jouer le numérique dans le suivi scolaire et la gestion administrative des établissements éducatifs. Selon lui, les outils technologiques peuvent constituer un levier important pour renforcer l’implication des parents et améliorer la gouvernance des écoles. « Le numérique peut aider les parents d’élèves à suivre leurs enfants et à recevoir des conseils pour les accompagner. Il peut aussi permettre aux responsables d’école, comme les chefs pédagogiques, de mieux gérer l’administration », a-t-il conclu.
Kadiatou Soumah