Madagascar : Andry Rajoelina dissout l’Assemblée nationale en pleine procédure de destitution – un bras de fer institutionnel sans précédent

Read Time:2 Minute, 32 Second

Un coup de théâtre politique s’est produit à Madagascar ce mardi 14 octobre 2025. Alors que les députés s’apprêtaient à ouvrir une session extraordinaire pour entamer la procédure de destitution du président Andry Rajoelina pour abandon de poste, la présidence de la République a annoncé, via sa page Facebook, la dissolution de l’Assemblée nationale. Un décret présidentiel signé de l’étranger, qui a immédiatement plongé le pays dans une crise institutionnelle majeure.

Dans un message publié dans la foulée, le chef de l’État a justifié sa décision par la nécessité de « rétablir l’ordre au sein de notre Nation et de renforcer la démocratie ». Selon les informations de RFI, Andry Rajoelina aurait quitté le territoire malgache dimanche à bord d’un avion militaire français. Malgré cette absence remarquée, il a usé de ses prérogatives constitutionnelles avant que la motion de déchéance ne soit votée.

Mais cette dissolution n’a pas empêché les députés de réagir. Estimant le décret invalide en raison de son absence de cachet officiel et du fait qu’il a été signé hors du territoire, le vice-président de l’Assemblée nationale, Siteny, a dénoncé une violation de la Constitution. « Le président de l’Assemblée nationale n’a pas été consulté », a-t-il rappelé, évoquant un acte illégal et contraire aux usages républicains.

Déterminés à aller jusqu’au bout, les parlementaires ont décidé de maintenir le vote de la motion de déchéance, malgré le décret de dissolution. Selon un député joint par RFI, environ 120 des 161 élus étaient présents dans l’hémicycle pour participer au vote. Pour que la motion aboutisse, il faut réunir les deux tiers des suffrages favorables. Plusieurs députés pro-régime auraient d’ailleurs rallié la contestation, signe d’un affaiblissement du pouvoir présidentiel.

La tension est palpable dans tout le pays. Après le ralliement de plusieurs figures militaires à la contestation populaire ce week-end, Andry Rajoelina apparaît de plus en plus isolé. Dans son allocution télévisée de la veille, il avait rejeté toute idée de démission, appelant à « respecter la Constitution » et à un « dialogue avec la jeunesse ». Des propos qui ont été fraîchement accueillis sur les réseaux sociaux, où de nombreux Malgaches dénoncent « un président déconnecté » et « des promesses non tenues après douze ans de pouvoir ».

Pour une large partie de la population, la dissolution de l’Assemblée nationale est perçue comme une manœuvre désespérée pour conserver le pouvoir. Les réactions en ligne sont virulentes : « Monsieur le président, si seulement vous aviez fait preuve d’autant de détermination pour le développement du pays », écrit une internaute. D’autres y voient « un ultime acte de trahison ».

Alors que le pays traverse une grave crise politique et sociale, nourrie par la colère populaire contre les coupures d’eau et d’électricité, cette nouvelle escalade plonge Madagascar dans une période d’incertitude. La bataille institutionnelle entre le président Rajoelina et les députés pourrait désormais ouvrir la voie à un long bras de fer juridique et politique, sous les regards inquiets de la communauté internationale.

Source : rfi.fr

About Post Author

bah

Happy
Happy
0 %
Sad
Sad
0 %
Excited
Excited
0 %
Sleepy
Sleepy
0 %
Angry
Angry
0 %
Surprise
Surprise
0 %
Previous post Nomination de Robbie : le chroniqueur des « Grandes Gueules » promu Chef de Cabinet au Ministère de la Jeunesse exprime sa reconnaissance à Mamadi Doumbouya
Next post Mondial 2026 : la Guinée concède un nul face au Botswana (2-2) à Casablanca